Philidor met en scène innocemment sur l’échiquier, les idées politiques nouvelles qui émergent dans ce siècle des lumières, illustrant une fois de plus cette étrange symbiose entre ce jeu et la vie des hommes. La portée de la révolution introduite sur l’échiquier ne fut probablement pas clairement perçue par tous ces lecteurs, et le succès de l’ouvrage doit plus de son vivant aux larges victoires de son auteur sur ses rivaux européens qu’à la profondeur de ses conceptions. Mais c’est bien une transformation radicale des échecs qu’opère L’analyse du jeu des Échecs, et qui ne se limite pas au progrès qu’elle apporte dans le jeu. Dans ce jeu des élites politiques et militaires où, depuis le moyen-âge, les pièces figurent nobles et chevaliers et les pions, le petit peuple, il n’est pas illogique que dans cette perspective, personne ne s’avisa en effet, que les pions étaient l’âme autant sur l’échiquier que dans la vie d’une nation. source Patrimoine des échecs
L'école de Modène est le nom donné à trois ouvrages sur le jeu d'échecs, parus au cours la deuxième moitié du 18ème siècle, et à leurs auteurs respectifs, des joueurs de Modène, Ercole Del Rio, Giambattista Lolli et Domenico Lorenzo Ponziani. Les contemporains ont d'abord cru qu'il s'agissait d'un seul auteur, l'Anonyme de Modène. Le livre de Lolli est une réédition augmentée du traité d'Ercole del Rio et la première édition de l’oeuvre de Ponziani est signée Opera d'Autore Modenese. Les ouvrages de l'école de Modène traitent les ouvertures, les études de finales et les combinaisons. Le milieu de jeu est peu abordé et seulement sous un angle tactique, en opposition des conceptions stratégiques de leur contemporain Philidor. L'école de Modène étudie l'ouverture dans l'optique d'obtenir un gain rapide par l'attaque de la case f7 (ou f2). Dans ce but, elle privilégie la partie italienne et le gambit du roi qui permettent un jeu tactique complexe dès les premiers coups. De plus ils préconisent l'utilisation de sacrifices spéculatifs dans l'ouverture. Cependant les variantes que proposent les trois auteurs n'étaient pas réfutées à cette époque. Ils peuvent être considérés avec Philippe Stamma comme les précurseurs de l'école romantique.
Les règles changent à la Renaissance,
se dotant d'une marche plus rapide, telle que nous la connaissons aujourd'hui.
Des tournois commencent à être organisés, des champions
vénérés, tels le Français Philidor qui, au 18ème siècle, initie une nouvelle stratégie
confiant aux pions un rôle fondamental. Le jeu moderne se
met en place à partir du 19ème siècle.
Des compétitions confrontent les meilleurs joueurs du monde, rassemblés
dans une Fédération internationale des échecs créée
en 1924. La guerre froide offre une nouvelle symbolique au jeu :
les deux blocs s'affrontent à travers leurs champions dans des
compétitions fortement médiatisées. Dans les années 1990, les ingénieurs d'IBM conçoivent
le programme Deep blue capable d'analyser cinquante milliards de
positions en trois minutes. Un défi homme-machine relevé par Garry Kasparov
et finalement perdu en 1997. source la BNF